Cœur artificiel : une première mondiale à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP)

Communiqué de presse


Publié le 20/12/2013 par l’AP-HP
 

Après l’autorisation donnée en septembre 2013 par l’ANSM de procéder à l’étude clinique de faisabilité de l’utilisation du cœur artificiel Carmat, pour la première fois au monde l’implantation d’un cœur artificiel bioprothétique a eu lieu avec succès le mercredi 18 décembre 2013 à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP).

Sous la direction du Pr Alain Carpentier, concepteur du projet, cette première mondiale a été réalisée à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP) par le Pr Christian Latrémouille et le Pr Daniel Duveau (CHU de Nantes) avec notamment le Pr Bernard Cholley et le Dr Denis Méléard, anesthésistes-réanimateurs, dans le service de chirurgie cardio-vasculaire du Pr Jean-Noël Fabiani au sein du Pôle cardiovasculaire, rénal et métabolique du Pr Michel Desnos.

Cette première implantation s’est déroulée de façon satisfaisante, la prothèse assurant automatiquement une circulation normale à un débit physiologique. Le patient, qui souffrait depuis des années d’une insuffisance cardiaque ayant atteint un stade terminal, est actuellement sous surveillance en réanimation, réveillé et dialoguant avec sa famille.

Tous les personnels de recherche et les personnels soignants, médicaux et paramédicaux des services de cardiologie, de chirurgie cardio-vasculaire, d’anesthésie-réanimation et d’imagerie de l’HEGP (AP-HP) ont contribué au résultat de cette intervention, assurant avec dévouement et compétence le suivi postopératoire du patient. Pour satisfaisant qu’il soit actuellement, ce premier résultat ne permet pas de préjuger de l’évolution ultérieure de l’étude.

Le Pr Alain Carpentier avait déposé en 1988 avec l’Université de Paris Pierre et Marie Curie le premier brevet sur le cœur artificiel bioprothétique. C’est donc après 25 ans de recherches que cette technologie novatrice se concrétise.

L’entreprise CARMAT a joué un rôle majeur dans cette avancée. Résultat de l’alliance entre EADS (Matra Défense), Truffle Capital et l’Association pour la recherche du Pr Carpentier, cette entreprise s’est consacrée depuis 2008 à la réalisation de ce projet qui a bénéficié du soutien de nombreux partenaires publics et privés français, notamment l’Université Paris-Descartes et Oséo/Bpifrance.

Trois centres hospitaliers français ont été sélectionnés pour participer à l’étude de faisabilité : l’hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP), le Centre chirurgical Marie-Lannelongue du Plessis-Robinson et le CHU de Nantes. L’hôpital européen Georges-Pompidou et l’ensemble de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris sont heureux et fiers d’avoir accueilli cette première implantation mondiale d’un cœur artificiel.

Elle constitue une avancée médicale majeure, dans la mesure où il s’agit de la première bioprothèse cardiaque à visée d’implantation définitive. Cette technologie novatrice pourrait constituer, à terme, une précieuse alternative à la transplantation cardiaque, trop rarement disponible pour les millions de personnes atteintes d’insuffisance cardiaque dans le monde.