Le troisième et dernier greffé d’un cœur artificiel Carmat a quitté l’hôpital (AFP)

Strasbourg, 3 sept. 2015 (AFP)

Le dernier des trois patients greffés d’un cœur artificiel Carmat, dont deux sont aujourd’hui morts, a quitté l’hôpital et regagné son domicile alsacien à l’issue d’une période de rééducation, ont annoncé jeudi les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et le concepteur des bio-prothèses.

Le patient, qui souhaite conserver l’anonymat, avait été opéré le 8 avril à l’Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. Il fait partie du premier groupe de quatre malades désignés pour bénéficier d’une bio-prothèse Carmat dans le cadre de la première phase d’un essai clinique.

« Le patient a été formé au fonctionnement du système portable et a pu rentrer chez lui après une période de rééducation au sein des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, dans sa région d’origine », ont informé les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) et la société Carmat dans un communiqué commun.

« Les équipes médicales, hospitalières et techniques restent entièrement mobilisées pour continuer à assurer un bon suivi médical », ont-ils précisé.

Le cœur Carmat est tapissé à l’intérieur d’un revêtement constitué de bio-matériaux tirés de tissus animaux (bovins) pour éviter la formation de caillots sanguins.
Il se distingue d’autres modèles de cœur artificiel, notamment par le choix des matériaux inédits, et vise à pallier le manque de greffons.
La première prothèse du genre avait été greffée le 18 décembre 2013 à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris sur Claude Dany, un patient de 76 ans en insuffisance cardiaque terminale, qui a succombé 74 jours après l’intervention.
Le deuxième, un patient de 69 ans, greffé à l’hôpital de Nantes le 5 août 2014, a vécu 270 jours durant lesquels il a pu quitter l’hôpital grâce à l’utilisation d’un appareil portatif. Mais quatre mois après son retour à son domicile, il avait dû être ré-hospitalisé à la suite d’une baisse du débit cardiaque. Il n’avait pas survécu à la tentative de changement de son cœur artificiel.

Selon une première étude scientifique publiée en juillet dans la revue médicale britannique The Lancet par l’équipe médicale française porteuse du projet Carmat, les deux patients n’avaient montré aucune complication imputable à la formation de caillots, alors même que l’un d’entre eux était resté sans traitement anticoagulant pendant une durée de 50 jours.
Selon les auteurs de l’étude -le Pr Alain Carpentier, à l’origine du projet, ainsi que les chirurgiens cardiaques Daniel Duveau, Christian Latrémouille et Jean-Noël Fabian-, les deux décès avaient été causés par la défaillance de composants électroniques dont la source « a été identifiée et corrigée » depuis.

lg/jlc/DS
CARMAT

AFP le 03 sept. 15 à 20 19.